Un nouvel outil d’identification automatique des papillons de jour vient d’être mis en ligne (lepido.ch/id). C’est la première fois qu’un tel outil est développé pour un groupe faunistique en Suisse.
La réalisation de cet outil a nécessité trois années de travail bénévole pour collecter, trier et vérifier l’identification de près de 400’000 images des 226 espèces de papillons de jour et zygènes de Suisse. Une fois les images préparées, un algorithme a été entraîné à reconnaître les différentes espèces. Compte tenu du très grand nombre d’images soigneusement sélectionnées, la qualité de l’identification atteint un niveau inégalé à ce jour.
Cet outil a pu être réalisé grâce à une fructueuse collaboration entre les auteurs de lepido.ch, l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), le Centre national de données et d’informations sur la faune de Suisse (info fauna) et l’entreprise Biolovision.
L’outil est disponible en français, allemand, italien et anglais. Son utilisation est très simple. Il est utilisable depuis son domicile (sur un ordinateur) ou directement sur le terrain à l’aide de son smartphone. D’ici quelques mois, il sera déployé sur d’autres supports, comme les applications de saisie des observations naturalistes sur le terrain (p. ex. Naturalist et Webfauna). Il pourra également être utilisé par les gestionnaires des banques de données nationales pour détecter automatiquement les erreurs d’identification.
Ce nouvel outil est destiné à un large panel de personnes. Pour le grand public, c’est-à-dire les personnes qui ne disposent d’aucune connaissance préalable, il permet d’identifier correctement toutes les espèces de papillons de jour de Suisse. Pour les personnes qui disposent déjà de bonnes connaissances, il permet de vérifier les identifications des espèces les plus difficiles. Pour les spécialistes qui travaillent dans ce domaine, par exemple dans le cadre des monitorings organisés par la Confédération, il permet de réduire le risque d’erreurs grâce à un contrôle automatisé.
Ce nouvel outil fonctionne grâce à l’intelligence artificielle, mais il n’a toutefois pas les défauts de cette technologie. Sa consommation électrique est très faible. Le serveur de calcul (de petite taille) est situé à Zürich dans les locaux du WSL. L’ensemble des identifications qui seront faites en Suisse pendant une année induiront une consommation électrique correspondant à la production d’un m2 de panneau solaire pendant 2 semaines. De plus, l’outil ne peut collecter aucune donnée personnelle car les seules données traitées sont les images, leur date et leur position.