Question Erebia arvernensis/tyndarus


Déposé par Mathis, le 07.08.2026

Bonjour,
J'avais une question pour une identification d'un Erebia que je soupçonne être un tyndarus.
Je suis tombé il y a quelques temps sur une donnée d'un Erebia tyndarus sur Inaturalist côté Français au col de Balme. Voici le lien :

https://www.inaturalist.org/observations/326528943

Ce serait une nouvelle espèce pour la France et plusieurs personnes l'identifient comme tel d'ailleurs sur le site.

J'ai donc décidé de le chercher le week-end dernier pour confirmer sa présence. Je suis tombé sur beaucoup de arvernensis mais parmi eux, un individus qui ressemble bien à tyndarus (photos ci-jointes). Je trouve personnellement que c'est un très bon candidat et plusieurs avis vont dans ce sens dont l'IA de Inaturalist et celle de Lepido.ch qui donne une probabilité de 96% pour tyndarus.
Voici le lien de ma donnée :

https://www.inaturalist.org/observations/387151794

Je voulais donc :
- Confirmer cette identification avec des personnes habitués à l'espèce.
- Savoir si tyndarus peut voler au même endroit que arvernensis.
- Savoir si de l'hybridation est possible.

Merci d'avance pour les réponses qui me seront apportées.

Cordialement,
Mathis Ducrotoy

Réponse de lepido.ch

Bonjour Mathis,

En introduction, les espèces du « groupe tyndarus » reconnues en Suisse (tyndarus, arvernensis et nivalis) se distinguent macroscopiquement par des critères qui ont tous des exceptions, et il existe de rares individus atypiques dont tous les critères suggèrent une des deux autres espèce. Ainsi, il semble prudent de considérer qu’on ne peut pas identifier un individu macroscopiquement avec certitude.

Les 2 individus en question ont en effet toutes les caractéristiques de tyndarus et sont identifiés avec un très haut degré de confiance comme tyndarus par l’outil d’identification automatique de lepido.ch. Nous n’avons hélas pas encore assez de recul pour savoir comment l’outil interprète un individu avec toutes les caractéristiques d’une autre espèce : soit il se trompe comme un humain appliquant des critères, soit il perçoit une multitude de détails qui nous échappent (il s’avère par exemple capable de distinguer Pyrgus malvae et Pyrgus malvoides) et ne se trompe pas. Dans l’état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons hélas pas formellement confirmer que les 2 individus sont tyndarus. Pour assurer une première observation pour la France, l’étape suivante serait de collecter un mâle et de l’identifier par les pièces génitales.

Les aires de répartition d’Erebia arvernensis et tyndarus entrent en contact net mais ne se chevauchent pas. On trouve environ 2-5 % d’hybrides le long des lignes de contact.

S’il y a effectivement des individus de tyndarus parmi arvernensis du côté SW du Col de Balme, on peut émettre les hypothèses suivantes :

1) Le site est sur (ou à proximité immédiate d’) une ligne de contact entre les deux espèces. Selon les données et les connaissances actuelles, la limite d’aires de répartition des deux espèces passe par Sembrancher (CH), le Val Ferret (CH), le Val Ferret (F), Courmayeur (I) et Aoste (I). Les espèces sont absentes du Massif du Mont Blanc à cause de la trop haute altitude. Si tyndarus est présent au SW du Col de Balme, il doit s’agir d’un « îlot » dans l’aire de répartition d’arvernensis. Nous n’avons pas accès aux données françaises avec assez de précision pour connaître la densité d’observations naturalistes au SW du Col de Balme, mais que l’espèce ait pu passer inaperçue dans un secteur assez vaste pour qu’elle puisse s’y maintenir paraît très peu probable.

2) Les individus font partie d’erratiques ayant parcouru au moins 15 km pour venir se concentrer sur un site en accord avec leur habitat. C’est l’hypothèse qui semble la moins improbable.

Je suis désolé de ne pas donner un avis catégorique sur cette question passionnante.

Pour information, le livre de référence pour les Erebia de Suisse est disponible librement au format pdf sur ce lien :

https://zenodo.org/records/7409160

Voir notamment les cartes des pages 440 et 441.

Bien cordialement,

Vincent

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