Planter quelques arbres fruitiers


Les vergers étaient autrefois répandus dans nos campagnes. Ils étaient utilisés pour la production de fruits et pour la distillation de l’alcool. Les agriculteurs leur préfèrent aujourd’hui d’autres types de production, plus rentables et plus faciles à exploiter mécaniquement. Les arbres fruitiers arrivés en fin de vie ne sont plus remplacés, et les vergers disparaissent ainsi progressivement. Certaines variétés de fruits anciens, que nos ancêtres ont mis des dizaines d’années à sélectionner, disparaissent ainsi de notre patrimoine fruitier. Les vergers ont un grand intérêt pour la nature, notamment pour les insectes et les oiseaux. Plusieurs espèces de papillons en dépendent. D’une part certains arbres sont utilisés comme plante-hôte, d’autre part les fruits sont une source de nourriture en automne.

Où ?

Les arbres fruitiers peuvent être plantés dans n’importe quel terrain, pour autant qu’il ne soit pas trop humide, et qu’il y ait tout de même un certain ensoleillement.

Comment ?

Les arbres fruitiers peuvent être achetés dans les pépinières ou dans les « Jardineries ». L’idéal est de se procurer des arbres d’anciennes variétés. Il existe pour cela des associations soucieuses de préserver le patrimoine fruitier, notamment Pro specie rara et retropomme. Si vous disposez de suffisamment de place, le mieux est de se procurer des arbres haute-tige (premières branches des arbres à environ 1,80 mètre de hauteur). Les arbres doivent être plantés à un endroit où ils pourront avoir suffisamment de place pour s’épanouir (respecter une distance minimale de 8 mètres entre les arbres, idéalement 10 mètres).

Dans nos régions, les arbres doivent être plantés en mars ou en octobre-novembre. Pour cela, creusez à la bêche un trou circulaire d’environ 1 mètre de diamètre et de 50 centimètres de profondeur. Lors de la creuse du trou, prendre soin de séparer la terre de surface (0-20 cm) de celle de profondeur (20-50 cm). Une fois le trou creusé, faire un dôme au centre du trou avec la terre de surface, poser le plant dessus (en ayant pris soin de raccourcir au tiers les plus grosses racines et celles qui sont endommagées), puis remplir le trou avec le reste de la terre. Attention à ne pas trop enterrer le bas du plant. Une fois le trou rempli, tirer légèrement le plant vers le haut, tasser la terre avec les pieds et arroser abondamment.

Pour qu’un arbre puisse s’épanouir, il est important d’effectuer une taille régulière durant les premières années, entre novembre et mars. Attention, la taille est une affaire de spécialistes et il est important de suivre un cours de taille (en général une journée) ou de se procurer un bon ouvrage de référence, avant de sortir son sécateur. De nombreux arbres sont estropiés par des tailleurs en herbe…

Pour être optimal pour la nature, un verger devrait être composé d’un tiers de jeunes arbres (1-20 ans), un tiers d’arbres en pleine maturité (20-50 ans) et un tiers de vieux arbres (>50 ans). Si vous avez la chance de posséder des vieux arbres, par exemple avec des cavités, ne les coupez surtout pas. Laisser les mourir tranquillement, contrôlez régulièrement les branches vermoulues et coupez-les lorsqu’elles menacent de tomber (jusqu’à obtenir une forme de totem) et enlevez-les uniquement une fois qu’ils sont entièrement vermoulus au pied. Le bois ainsi coupé peut être entreposé en tas dans un coin du verger, de manière à ce que les insectes présents dans le vieux bois puissent poursuivre leur développement.

Vous trouverez plus d’informations sur cette page de la plateforme genevoise de la nature en ville.

Exemples d'espèces visées

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